TA64JUGE UNIQUE 3JUGE UNIQUE 3
TA64 · JUGE UNIQUE 3 — 28 mars 2023
- ECLI
- DTA_2102781_20230328
- Date
- 28 mars 2023
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 octobre 2021 et le 13 février 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 18 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Landes a rejeté le recours administratif préalable qu'il a formé à l'encontre de la décision du 23 mars 2021 rejetant sa demande de renouvellement de la carte mobilité inclusion mention stationnement. Il soutient qu'il souffre de douleurs chroniques qui se sont aggravées et qui affectent ses mouvements pour entrer et sortir de son véhicule, et qu'il existe une place de stationnement réservée aux personnes handicapées près de son lieu de travail qui lui permettraient d'éviter de marcher trop longtemps. Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2022, le département des Landes conclut au rejet de la requête. Il soutient que : - M. A ne remplit pas les conditions d'éligibilité pour bénéficier de cette carte ; - le certificat du docteur D du 8 octobre 2021, postérieur à la décision attaquée, ne peut être pris en compte. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'action sociale et des familles ; - l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative. Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique, tenue le 9 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience. Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience. Considérant ce qui suit : 1. M. A a demandé le 8 janvier 2021 à la maison landaise des personnes handicapées l'octroi d'une carte mobilité inclusion mention stationnement. Cette demande a été rejetée par une décision du 23 mars 2021. Le 13 avril 2021, M. A a formé un recours préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, qui a été rejeté par une décision du président du conseil départemental des Landes du 18 août 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision. 2. D'une part, aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. () ". 3. D'autre part, aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " () Pour l'attribution de la mention "stationnement pour personnes handicapées" un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". L'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : / La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : / - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. /(). ". 4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre des parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte. 5. Il résulte des dispositions précitées que l'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " est subordonnée à la démonstration d'une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d'annulation d'une décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " d'établir, par tous moyens et notamment par la production au tribunal de justificatifs médicaux, même s'ils avaient déjà été produits au cours de l'instruction de la demande par l'administration, qu'elle est atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied. 6. Pour demander l'annulation de la décision attaquée refusant de renouveler sa carte mention " stationnement " M. A, qui souffre de pathologies à la hanche et de lombalgies chroniques, fait valoir qu'il lui est difficile de monter et de descendre de son véhicule et que cette carte lui éviterait de marcher trop longtemps pour se rendre sur son lieu de travail. Le certificat médical qu'il produit, daté du 8 octobre 2021, lequel, au regard des principes rappelés au point 5, peut être pris en compte pour apprécier ses droits à la date du jugement, ainsi que celui du 8 avril 2021, ainsi que les attestations de soin et des résultats d'examens médicaux, confirment les pathologies dont il souffre, mais se bornent mentionner que l'intéressé est limité dans ses mouvements quotidiens, qu'il entre et sort difficilement d'une voiture et qu'il a besoin d'espace autour du véhicule pour pouvoir se mobiliser correctement, et enfin que ses pathologies l'empêchent de se relever sans appui. Par ailleurs, le certificat médical du 7 janvier 2021 joint à la demande de renouvellement indique que malgré un ralentissement moteur, M. A peut se déplacer à l'extérieur, certes avec difficulté, mais néanmoins sans aucune aide extérieure jusqu'à une distance de 200 mètres, qu'il n'utilise pas de canne, et qu'il a besoin de pause et d'un accompagnement en cas de longs trajets. Compte tenu de ces éléments, le requérant n'établit pas remplir à la date du présent jugement au moins l'une des conditions posées par les dispositions précitées pour prétendre à la délivrance de la carte mobilité inclusion mention " stationnement ". Il n'y a, dès lors, pas lieu de lui reconnaître le droit à cette carte. 7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " et que sa requête doit être rejetée. D E C I D E : Article 1er : La requête de M. A est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département des Landes. Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023. La présidente, Signé : V. QUEMENERLa greffière, Signé : M. C La République mande et ordonne à la préfète des Landes, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement. Pour expédition, La greffière, N°2102781
Citations
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Chronologie de l'affaire
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Synthèse
- Juridiction
- TA64
- Chambre
- JUGE UNIQUE 3
- Formation
- JUGE UNIQUE 3
- Date
- 28 mars 2023
Référence
DTA_2102781_20230328
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel