Conseil d'État7ème chambre
Conseil d'État · 7ème chambre — 21 décembre 2018
- ECLI
- CETAT:CETATEXT000037847485
- Date
- 21 décembre 2018
administratif
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Vu la procédure suivante : Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 13 juillet et 8 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B...A...demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler pour excès de pouvoir le décret du Président de la République du 13 avril 2017 le plaçant en retrait d'emploi par mise en non-activité pour une durée de quatre mois ; 2°) d'ordonner à la ministre des armées de le rétablir dans l'ensemble de ses droits, en particulier au titre de la solde non versée comme au titre de la durée de l'ancienneté dans le grade ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la défense ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Jean-Yves Ollier, maître des requêtes, - les conclusions de M. Gilles Pellissier, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 4137-2 du code de la défense : " Les sanctions disciplinaires applicables aux militaires sont réparties en trois groupes : / 1° Les sanctions du premier groupe sont : / a) L'avertissement ; / b) La consigne ; / c) La réprimande ; / d) Le blâme ; / e) Les arrêts ; / f) Le blâme du ministre ; / 2° Les sanctions du deuxième groupe sont : / a) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de cinq jours privative de toute rémunération ; / b) L'abaissement temporaire d'échelon ; / c) La radiation du tableau d'avancement ; / 3° Les sanctions du troisième groupe sont : / a) Le retrait d'emploi, défini par les dispositions de l'article L. 4138-15 ; / b) La radiation des cadres ou la résiliation du contrat ". Aux termes de l'article L. 4138-15 du même code : " Le retrait d'emploi par mise en non-activité est prononcé pour une durée qui ne peut excéder douze mois. A l'expiration de la période de non-activité, le militaire en situation de retrait d'emploi est replacé en position d'activité. / Le temps passé dans la position de non-activité par retrait d'emploi ne compte ni pour l'avancement ni pour l'ouverture et la liquidation des droits à pension de retraite. Dans cette position, le militaire cesse de figurer sur la liste d'ancienneté ; il a droit aux deux cinquièmes de sa solde augmentée de l'indemnité de résidence et du supplément familial de solde ". 2. Par le décret attaqué du 13 avril 2017, le Président de la République a infligé à M.A..., capitaine dans l'armée de terre, une sanction de retrait d'emploi par mise en non-activité pour une durée de quatre mois. Cette décision a été prise après que le conseil d'enquête, réuni le 9 juillet 2014, eut proposé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de cinq jours, et qu'une première sanction de retrait d'emploi par mise en non-activité pour une durée de neuf mois, prononcée le 21 janvier 2015, a été annulée par le Conseil d'Etat, statuant au contentieux par une décision n° 389361 du 14 mars 2016. 3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. 4. La sanction attaquée est fondée sur le motif tiré de ce que, à l'occasion d'une mission de reconnaissance effectuée dans la région de Gao au Mali, dans le cadre de l'opération " SERVAL ", M.A..., dont la section avait découvert des roquettes appartenant à l'ennemi, a, par une accumulation de fautes, compromis la sécurité des hommes qu'il commandait, dont l'un a été grièvement blessé lors de l'opération de destruction de ces roquettes par explosifs. 5. Il ressort des pièces du dossier que M. A...a commis plusieurs erreurs ou maladresses dans la mise en place des moyens de destruction des roquettes, n'a pas procédé à une ultime vérification du dispositif avant la mise à feu et n'a pas fait respecter l'obligation, pour les militaires concernés, de porter un casque, en méconnaissance des instructions édictées par le ministre de la défense relatives aux explosifs. Compte tenu de ces manquements et de la gravité de leurs conséquences, et alors même que le contexte dans lequel a eu lieu l'intervention présentait des contraintes particulières et que l'accident survenu au cours de la phase de destruction des explosifs a trouvé sa cause immédiate dans une incompréhension entre les différents participants à l'opération, l'autorité disciplinaire n'a pas pris une sanction disproportionnée en prononçant une sanction de retrait d'emploi par mise en non-activité pour une durée de quatre mois, en dépit des excellents états de service de l'intéressé, d'ailleurs relevés dans les motifs du décret contesté. 6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A...n'est pas fondé à demander l'annulation du décret qu'il attaque. 7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. D E C I D E : -------------- Article 1er : La requête de M. A...est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B...A.... Copie en sera adressée à la ministre des armées.
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Conseil d'État
- Chambre
- 7ème chambre
- Date
- 21 décembre 2018
- Matière
- administratif
Référence
CETAT:CETATEXT000037847485
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel