Tribunal JudiciaireJCP
Tribunal Judiciaire · JCP — 7 octobre 2025
- ECLI
- 697a9016cdc6046d47084135
- Date
- 7 octobre 2025
- Condamnation
- 30 000 €
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulAnalyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
MINUTE N° : 2025/ JUGEMENT DU : 07 Octobre 2025 DOSSIER N° : N° RG 25/00500 - N° Portalis DBYI-W-B7J-DPI7 NATURE AFFAIRE : 5AA/ Sans procédure particulière AFFAIRE : Société ADVIVO EPIC C/ [Z] [V] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE VIENNE JUGEMENT DU 07 Octobre 2025 JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré : Juge des contentieux de la Protection : Mme LACOINTA Virginie, magistrat à titre temporaire Greffier : Mme THEOLEYRE Emmanuelle, Greffier DESTINATAIRES : copie exécutoire délivrée à : SCP PYRAMIDE AVOCATS le : 07/10/2025 copie certifiée conforme délivrée à : Mme [Z] [V] le : 07/10/2025 DEMANDERESSE Société ADVIVO EPIC, dont le siège social est sis 1 Square de la Résistance BP 20124 - 38209 VIENNE CEDEX, représentée par Me Noëlle GILLE de la SCP PYRAMIDE AVOCATS, avocats au barreau de VIENNE DEFENDERESSE Mme [Z] [V] demeurant 2 rue Jean Moulin - Bat B - 38200 VIENNE comparante Qualification : contradictoire en premier ressort Débats tenus à l'audience du 08 Septembre 2025 Date de délibéré indiquée par le Président : 07 Octobre 2025 Prononcé publiquement par mise à disposition du jugement au greffe du tribunal, les parties ayant été avisées dans les conditions de l’article 450 du code de procédure civile. Et le présent jugement a été signé par Mme LACOINTA, Juge des contentieux de la protection, et par Mme THEOLEYRE, Greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. Faits et procédure Suivant contrat de bail en date du 7 février 2007, ADVIVO a donné en location à Madame [V] [Z] un logement et un garage sis 2 rue Jean Moulin, Bât B à VIENNE (38200). Par acte de commissaire de justice en date du 12 mars 2025, ADVIVO a fait délivrer à Madame [V] [Z] un commandement d’avoir à lui payer la somme de 3043.51 euros correspondant au montant des loyers dus au 28 février 2025, outre le coût de l’acte. Par assignation délivrée à Madame [V] [Z], le 20 mai 2025, ADVIVO sollicite que soit constatée (et subsidiairement prononcée) la résiliation du bail conclu entre les parties et que soit ordonnée l’expulsion de la locataire ; ADVIVO réclame en outre la fixation d’une indemnité d’occupation équivalente au montant mensuel du loyer et des charges locatives et le paiement de la somme de 3332.11 euros au titre de loyers échus et impayés ; outre celle de 300 euros à titre de dommages et intérêts et celle de 300 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile et les dépens, avec exécution provisoire. Le rapport de l’enquête sociale, prévue par la loi du 31 juillet 1998 est parvenu au tribunal avant l’audience ; il indique que Madame [V] [Z] est séparée depuis janvier 2007 et n’a pas d’enfant à charge; qu’elle est salariée en CDI depuis novembre 2024; que, depuis mai 2025, un plan d’apurement à hauteur de 40 euros pour une période de six mois a été convenu. A l’audience du 8 septembre 2025, en application de l’article 24 VI de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, le président a invité les parties à lui produire tout élément relatif à l’existence d’une procédure de surendettement au sens du livre VII du Code de la consommation. ADVIVO précise n’avoir pas été avisé de l’existence d’une procédure de traitement de surendettement au profit de Madame [V] [Z], confirme ses demandes avec actualisation de sa créance de loyers à la somme de 2866.60 euros au 2 septembre 2025 et s’oppose à l’octroi de délais de paiement. Madame [V] [Z], présente, précise n’avoir pas sollicité de procédure de traitement de sa situation auprès de la commission de surendettement des particuliers. Elle indique qu’elle a changé d’emploi, étant à présent à temps partiel; que ce changement entraîne une diminution de ses ressources, générant la dette locative. Elle sollicite l’octroi de délais de paiement. Sur quoi, l’affaire a été mise en délibéré à la date du 7 octobre 2025 pour qu’un jugement soit rendu par mise à disposition au greffe de la juridiction. Motifs de la décision Sur la régularité de la procédure La procédure est régulière, le requérant justifiant du signalement des impayés auprès de la CCAPEX et de la notification au représentant de l’Etat dans le département avant l’audience de l’assignation aux fins d’expulsion. Sur la résiliation et l’expulsion La clause résolutoire insérée au bail ne produit effet, en application de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 que six semaines après un commandement de payer resté infructueux. Toutefois, le régime de la loi de 1989 relève d'un ordre public de protection, si bien que l’éventuel délai contractuel plus favorable au locataire doit prévaloir sur l’application de ces dispositions. En l’espèce, le commandement délivré par ADVIVO le 12 mars 2025 reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail et vise les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 et 6 de la loi du 31 mai 1990, en mentionnant la faculté pour la locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement. Il est établi par les pièces produites notamment le décompte actualisé au 2 septembre 2025 que les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois du commandement. La clause résolutoire a donc été acquise à la date du 12 mai 2025. Le juge peut, par application de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années au locataire en situation de régler sa dette locative. En l’espèce, ADVIVO s’oppose à l’octroi de délais de paiement et il apparaît que la locataire n’a pas repris le versement intégral du loyer avant la date de l’audience. Il convient en conséquence de ne pas accorder à Madame [V] [Z] de délais de paiement, de constater le jeu de la clause résolutoire et d’autoriser ADVIVO à faire procéder à l’expulsion de Madame [V] [Z] ainsi qu’à celle de tout occupant de son chef. Aucune circonstance de l’espèce ne justifie de déroger au délai de deux mois prévu à l’article L.412-1 du Code des procédures civiles d’exécution. Sur l’indemnité d’occupation et l’arriéré locatif Aux termes des dispositions de l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989, les locataires sont obligés de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. Le principe et le montant de la créance sont établis par la production d’une copie du contrat de bail, de l’assignation et du relevé de compte actualisé. Il convient dès lors de condamner Madame [V] [Z] à payer, à ADVIVO, la somme de 2866.60 euros, déduction faite des frais de poursuite, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 2 septembre 2025, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement. ADVIVO est fondé, en outre, à réclamer, au titre de la réparation du préjudice causé par le maintien de Madame [V] [Z] dans les lieux, une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges courants, jusqu’à la libération effective des lieux loués. Sur la demande de dommages et intérêts En application de l’article 1231-6 alinéa 3 du Code civil , le demandeur ne caractérise pas l’abus dans le refus de paiement de la part de Madame [V] [Z] et ne justifie pas d’un préjudice distinct de celui résultant du retard dans le paiement. Il sera débouté de sa demande de ce chef. Sur les autres demandes La défenderesse sera condamnée aux dépens, par application des dispositions de l’article 696 du Code de procédure civile, qui dispose que la partie qui succombe au procès en supporte les dépens. Il sera accordé à ADVIVO la somme de 50 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile. Enfin, en application des dispositions de l’article 514 du Code de procédure civile, l’exécution provisoire du jugement est de droit. PAR CES MOTIFS Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition de la décision au greffe de la juridiction, par jugement contradictoire et rendu en premier ressort, exécutoire de droit: - CONSTATE l’acquisition de la clause résolutoire du bail conclu pour le logement et le garage entre ADVIVO et Madame [V] [Z] à la date du 12 mai 2025; - ORDONNE en conséquence l’expulsion de Madame [V] [Z] et de tout occupant de son chef, au besoin avec l’aide de la force publique ; - RAPPELLE qu’en application des dispositions des articles L.412-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, l’expulsion d’un lieu habité ne peut être poursuivie qu’à l’expiration d’un délai de deux mois suivant un commandement d’avoir à libérer les locaux et que les meubles se trouvant dans les lieux doivent être remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu qu’elle désigne ou à défaut entreposés en un lieu approprié et décrits avec précision par le commissaire de justice chargé de l’expulsion; - CONDAMNE Madame [V] [Z] au paiement d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer courant révisé et augmenté des charges, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à son départ effectif et dont le montant produira intérêts au taux légal à compter de chaque échéance pour les échéances à échoir ; - CONDAMNE Madame [V] [Z] à payer à ADVIVO la somme totale de 2866.60 euros au titre des loyers impayés arrêtés au 2 septembre 2025, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement; - DEBOUTE ADVIVO de sa demande en paiement de dommages et intérêts; - CONDAMNE Madame [V] [Z] à payer à ADVIVO la somme de 50 euros en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ; - CONDAMNE Madame [V] [Z] aux dépens ; Sur quoi le présent jugement a été signé par le greffier et le juge ayant présidé l’audience. Le greffier Le président
Articles de loi cités
article 696 du Code de procédure civilearticle 700 du Code de procédure civile.article 514 du Code de procédure civilearticle 700 du Code de procédure civilearticle L.412-1 du Code des procédures civiles darticle 1231-6 alinéa 3 du Code civilarticle 450 du code de procédure civile.article 700 du Code de procédure civile et les dé
Avocats intervenants
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- JCP
- Date
- 7 octobre 2025
Référence
697a9016cdc6046d47084135
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA