Tribunal JudiciaireJCP
Tribunal Judiciaire · JCP — 3 juillet 2025
- ECLI
- 689a381efd8239f1252f86a4
- Date
- 3 juillet 2025
- Condamnation
- 90 000 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTBÉLIARD [Adresse 5] 03.81.90.70.00 N° RG 25/00090 - N° Portalis DBXR-W-B7J-D4BE N° de minute : Nature affaire : 53B Expéditions délivrées le à : la SCP CABINET THEMES Exécutoire délivrée le à : la SCP CABINET THEMES RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS JUGEMENT DU 03 JUILLET 2025 JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION PARTIE DEMANDERESSE : S.A. YOUNITED, dont le siège social est sis [Adresse 2] représentée par Maître Hubert MAQUET de la SCP CABINET THEMES, avocats au barreau de LILLE substitué par Me BOUVERESSE, barreau de Montbéliard, PARTIE DÉFENDERESSE : Monsieur [K] [P] né le [Date naissance 3] 1992 à [Localité 4], demeurant [Adresse 1] non comparant COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS : Antoine GALLETTI : Président Mathilde ROUSSEY-HENRIOT : Greffier DEBATS : à l'audience du 03 Juillet 2025 JUGEMENT : Réputé contradictoire, premier ressort Prononcé publiquement par mise à disposition au greffe du Juge des contentieux et de la protection du Tribunal judiciaire le 03 Juillet 2025 et signé par Antoine GALLETTI, Juge des contentieux de la protection et Manon ALLAIN, greffier placé. EXPOSE DU LITIGE Selon offre préalable acceptée le 16 juin 2022, la S.A. YOUNITED a consenti à monsieur [K] [P] un crédit personnel n°CFR20220615W1JZWMZ d'un montant en capital de 5 004,36 euros, avec intérêts au taux nominal conventionnel de 9,84%, remboursable en 48 mensualités. La S.A. YOUNITED a adressé, par lettre recommandée adressée le 11 avril 2023, à monsieur [C] [Y] une mise en demeure d’avoir à régler la somme de 364,02 euros au titre des échéances impayées du prêt portant le n° d’offre CFR202110101Q4OROP. La S.A. YOUNITED a prononcé la déchéance du terme par lettre recommandée adressé le 25 juillet 2023. Par acte de commissaire de justice du 3 mars 2025, la S.A. YOUNITED a fait assigner monsieur [K] [P] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Montbéliard aux fins de voir, sur le fondement des articles 1103 et suivants du code civil et des articles L 311-1 et suivants du code de la consommation : A titre principal : CONSTATER la déchéance du terme du contrat de prêt personnel n°CFR20220615W1JZWMZ souscrit le 16 juin 2022 par monsieur [K] [P] auprès de la S.A. YOUNITED, faute de régularisation des impayés ; CONDAMNER monsieur [K] [P] à payer à la S.A. YOUNITED, au titre du prêt n°CFR20220615W1JZWMZ, la somme de 4 927,92 euros avec intérêts au taux contractuel de 9,38% l'an à compter de la mise en demeure du 24 juillet 2023 et jusqu'au jour du complet paiement ; A titre subsidiaire : PRONONCER la résolution judiciaire du contrat de prêt n°CFR20220615W1JZWMZ pour manquement grave et réitéré de monsieur [K] [P] à son obligation contractuelle ; CONDAMNER monsieur [K] [P] à payer à la S.A. YOUNITED la somme de 5 000 euros au titre des restitution qu'implique la résolution judiciaire du contrat, déduction faite des règlements d'ores et déjà intervenus; En tout état de cause : CONDAMNER monsieur [K] [P] à payer la somme de 900 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux entiers dépens ; RAPPELER que l'exécution provisoire de la décision à intervenir est de droit. Par jugement avant dire droit du 2 avril 2025 les parties ont été invitées à produire les pièces et à présenter leurs observations sur le respect des dispositions d'ordre public du code de la consommation dans ses articles L312-1 et suivants du code de la consommation. L'affaire a été retenue à l'audience du 2 avril 2025. A l'audience, la S.A. YOUNITED, représentée par son conseil, maintient ses demandes et s'en rapporte à son acte introductif d'instance auquel il est renvoyé pour un plus ample exposé des moyens en application de l'article 455 du code de procédure civile. Monsieur [K] [P] a été assigné selon procès-verbal de recherches infructueuses conformément à l’article 659 du code de procédure civile. Il n'a pas comparu et n'a pas été représenté. L’affaire a été mise en délibéré au 3 juillet 2025. MOTIVATION Attendu qu’en application de l’article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond ; que le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur l'office du juge En application de l'article 12 du Code de procédure civile, le juge tranche le litige conformément aux règles du droit qui lui sont applicables ; en vertu de l'article 16 du même code, il ne peut fonder sa décision sur des moyens de droit qu'il a relevé d'office sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations ; en application de l'article R 632-1 du Code de la consommation, le juge peut soulever d'office toutes les dispositions de ce code dans les litiges nés de son application. En l'espèce, la S.A. YOUNITED a pu formuler ses observations quant au respect des dispositions d'ordre public des articles L312-1 et suivants du Code de la consommation. I/ Sur la demande principale Sur la recevabilité de la demande En application de l'article R312-35 du Code de la consommation, dans sa version applicable au contrat de prêt, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé. Il résulte de ce texte que le délai de deux ans court à compter du premier incident de paiement non régularisé, compte tenu des règles d'imputation des paiements énoncées aux articles 1253 et suivants du Code civil. En l'espèce, il ressort de l'historique de compte que le premier impayé non régularisé du prêt litigieux est intervenu au 4 mars 2023 et que l'assignation a été signifiée le 3 mars 2025. Dès lors, l'action est recevable. Sur l’exigibilité de la créance : Aux termes de l’article L312-39 du Code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non payés. En application des articles 1224 et 1226 du Code civil, le créancier peut, à ses risques et périls, résoudre le contrat par voie de notification et doit, sauf urgence préalablement mettre en demeure le débiteur défaillant de satisfaire à son engagement dans un délai raisonnable, mentionnant expressément qu'à défaut pour le débiteur de satisfaire à son obligation, le créancier sera en droit de résoudre le contrat ; que lorsque l'inexécution persiste, le créancier notifie au débiteur la résolution du contrat et les raisons qui la motivent. Aux termes de l'article 1225 du code civil, la clause résolutoire précise les engagements dont l'inexécution entraînera la résolution du contrat. La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s'il n'a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l'inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire. Ainsi, si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur non commerçant entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque être déclarée acquise au créancier sans délivrance d’une mise en demeure restée sans effet précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle. En l'espèce, le contrat de prêt contient en son article 3.4 « Avertissement sur les conséquences de la défaillance de l'emprunteur, indemnités en cas de retard de paiement et frais d'inexécution » une clause de déchéance du terme. Il ressort des pièces communiquées que la S.A. YOUNITED a fait parvenir à monsieur [K] [P] une mise en demeure de régler des échéances impayées, restée sans réponse. La S.A. YOUNITED est dès lors bien fondée à se prévaloir de la déchéance du terme et de la résiliation de plein droit des contrats de prêts litigieux et à demander le remboursement immédiat des sommes exigibles selon les termes des contrats. Sur la demande en paiement et les sommes dues : Aux termes de l'article L312-39 du Code de la consommation, en cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent les intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt et le prêteur peut demander à l'emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l'application de l'article 1231-5 du code civil, égale à 8 % selon l'article D312-16. Selon l'article L312-38 du même Code, aucune indemnité ni aucuns frais autres que ceux mentionnés aux articles L. 312-39 et L. 312-40 ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans les cas de défaillance prévus par ces articles. Aux termes de l’article 1353 du Code civil, celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. En l’espèce, la S.A. YOUNITED sollicite la somme de 4 927,92 euros avec intérêts au taux contractuel de 9,38% l'an à compter de la mise en demeure du 24 juillet 2023 et jusqu'au jour du complet paiement, et produit notamment aux débats les pièces suivantes : −l'offre de prêt signée le 16 juin 2022, la FIPEN, la fiche de dialogue, la notice d'assurance et la pièce d'identité de l'emprunteur, −la preuve de consultation du FICP en date du 15 juin 2022, −le justificatif de preuve de signature électronique, −le tableau d’amortissement du prêt, −les courriers de mise en demeure et de déchéance du terme, −l’historique du compte, −le décompte de la créance au 24 juillet 2023, −un avis d'imposition à titre de vérification de la solvabilité. Sur les sommes dues : La banque rapporte la preuve de l'existence de la dette, en application des stipulations contractuelles, et est fondée à obtenir la condamnation de l'emprunteur au remboursement des sommes suivantes, calculées conformément aux dispositions des articles L312-29 et suivants du code de la consommation, à savoir, 679,25 euros au titre des échéances échues impayées et 3 933,25 euros au titre du capital restant dû, soit un total de 4 612,50 euros. Les intérêts moratoires sur les sommes dues en principal, calculés au taux d'intérêt légal, ne peuvent courir avant mise en demeure conformément à l'article 1231-6 du Code civil ou à défaut, l'assignation. Ainsi il convient de faire débuter les intérêts au 3 mars 2025. Il est également prévu au contrat à l'article 3.4 « Avertissement sur les conséquences de la défaillance de l'emprunteur, indemnités en cas de retard de paiement et frais d'inexécution » le versement d'une indemnité de 8% au prêteur en cas de défaillance de l'emprunteur. Cette pénalité qui constitue une clause pénale susceptible de modération conformément à l'article 1231-5 du Code civil, apparaît manifestement excessive au regard du préjudice subi, qui est suffisamment réparé par le bénéfice des intérêts au taux légal sur les sommes dues, il convient en conséquence de réduire la somme réclamée à ce titre à hauteur de 100 euros. En conséquence, il convient de condamner monsieur [K] [P] au paiement de la somme de 4 612,50 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2025 et de 100euros au titre de la clause pénale, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement. II/ Sur les frais du procès et l’exécution provisoire Sur les dépens Aux termes de l'article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. En l'espèce, monsieur [K] [P], partie perdante, sera condamné aux dépens. Sur les frais irrépétibles En application de l'article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée et peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. En l'espèce, monsieur [K] [P], partie tenue aux dépens, sera condamné à payer la somme de 400 euros à la S.A. YOUNITED. Sur l'exécution provisoire Il est rappelé qu'aux termes de l'article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire, à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement ce dont il n’y a pas lieu en l’espèce PAR CES MOTIFS Le juge des contentieux de la protection, DÉCLARE recevable les demandes de la S.A. YOUNITED ; CONSTATE la résolution de plein droit du prêt personnel émis selon l’offre n°CFR20220615W1JZWMZ consenti par la S.A. YOUNITED à monsieur [K] [P] ; CONDAMNE monsieur [K] [P] à payer à la S.A. YOUNITED la somme de 4 612,50 euros, au titre du contrat de prêt n°CFR20220615W1JZWMZ ; DIT que cette condamnation sera assortie des intérêts au taux légal, à compter du 3 mars 2025 ; CONDAMNE monsieur [K] [P] à payer à la S.A. YOUNITED la somme de 100 euros, au titre de la clause pénale du contrat de prêt n°CFR20220615W1JZWMZ ; DIT que cette condamnation sera assortie des intérêts au légal, à compter à compter du présent jugement ; CONDAMNE monsieur [K] [P] aux entiers dépens ; CONDAMNE monsieur [K] [P] à payer à la S.A. YOUNITED la somme de 400 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l'exécution provisoire de droit. LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- JCP
- Date
- 3 juillet 2025
Référence
689a381efd8239f1252f86a4
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA