Tribunal JudiciaireJ.L.D. HSC
Tribunal Judiciaire · J.L.D. HSC — 11 octobre 2024
- ECLI
- 670966a906866c0645d1a8e0
- Date
- 11 octobre 2024
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D’UNE MESURE D’HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 12 JOURS ADMISSION SUR DÉCISION D’UN REPRÉSENTANT DE L’ETAT Article L. 3211-12-1 du code de la santé publique N° RG 24/08179 - N° Portalis DB3S-W-B7I-Z7RW MINUTE: 24/2033 Nous, Thomas SCHNEIDER, juge, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny désigné par le président en application de l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire, assisté de Lucie BEAUROY-EUSTACHE, greffier, avons rendu la décision suivante concernant: LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES : Monsieur [E] [I] né le 13 Mars 1998 à [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 3] Etablissement d’hospitalisation: LE CENTRE [4] présent assisté de Me NAMIGOHAR Adrien, avocat commis d’office PERSONNE A L’ORIGINE DE LA SAISINE MONSIEUR LE PRÉFET DE LA SEINE SAINT DENIS Absent INTERVENANT LE CENTRE [4] Absent MINISTÈRE PUBLIC Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 10 octobre 2024 Le 2 octobre 2024, le représentant de l’Etat dans le département a prononcé par arrêté, sur le fondement de l’article L. 3213-1 du code de la santé publique, l’admission en soins psychiatriques de Monsieur [E] [I] . Depuis cette date, Monsieur [E] [I] fait l’objet d’une hospitalisation complète au sein de LE CENTRE [4]. Il ne résulte par ailleurs d’aucun élément figurant au dossier de la procédure que Monsieur [E] [I] ait fait l’objet par le passé d’une mesure de soins ordonnée en application des articles L. 3213-7 du code de la santé publique ou 706-135 du code de procédure pénale. Le 08 Octobre 2024 , le représentant de l’Etat a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de Monsieur [E] [I] . Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 10 octobre 2024 A l’audience du 11 Octobre 2024, Me Adrien NAMIGOHAR, conseil de Monsieur [E] [I], a été entendu en ses observations; L’affaire a été mise en délibéré ce jour; MOTIVATION Vu le certificat médical circonstancié initial établi le 2 octobre 2024 par le docteur [W] [B], médecin ; Vu l’arrêté du maire du [Localité 3] du 2 octobre 2024 portant admission provisoire en soins psychiatriques sans consentement de M. [E] [I] au centre hospitalier [4] ; Vu l’arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 4 octobre 2024 portant admission provisoire en soins psychiatriques sans consentement, notifié à la personne hospitalisée le jour même ; Vu les certificats médicaux établis respectivement les 3 et 5 octobre 2024 par les docteurs [M] [J] et [H] [Z], psychiatres de l’établissement ; Vu l’arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 7 octobre 2024 décidant le maintien en hospitalisation complète, notifiée à la personne hospitalisée le jour même ; Vu la saisine par le préfet du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bobigny le 8 octobre 2024 ; Vu l’avis motivé dressé le 7 octobre 2024 par le docteur [P] [T], psychiatre de l’établissement ; Vu les réquisitions écrites du procureur de la République du 10 octobre 2024 donnant un avis favorable au maintien de l’hospitalisation ; Vu le débat contradictoire tenu à l’audience du 11 octobre 2024 ; Vu les articles L. 3211-1 et suivants et L. 3212-1 et suivants du code de la santé publique ; L’article L. 3211-12-1, I-1°, du code de la santé publique dispose que l’hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement lorsque l'hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II du présent titre ou par le représentant de l’État dans le département lorsqu'elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l'article L. 3214-3 du présent code ou de l'article 706-135 du code de procédure pénale, ait statué sur cette mesure avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l'article L. 3214-3 du même code. Le juge est alors saisi dans un délai de huit jours à compter de cette admission. L’article L. 3213-1 du code de la santé publique prévoit qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement, sur décision du représentant de l’État dans le département, que si ses troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public. L’article L. 3211-3, alinéa premier du code de la santé publique prévoit que la personne atteinte de troubles mentaux fait l'objet de soins psychiatriques en application des dispositions des chapitres II et III du présent titre ou est transportée en vue de ces soins, les restrictions à l'exercice de ses libertés individuelles doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. En toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée. M. [E] [I] fait l’objet d’une hospitalisation complète sans consentement au centre hospitalier [4] depuis le 2 octobre 2024. Le certificat médical initial établit l’état suivant du patient : excitation psychomotrice modérée sans agressivité, exaltation de l’humeur, désinhibition et ludisme, faisait le chien et le coup toute la nuit, insomnie, consommation de cannabis, épisode hypomaniaque avec trouble du comportement. Les certificats médicaux établis pendant la période d’observation relatent l’état suivant du patient : pour le premier, décompensation aigue de sa pathologie psychiatrique chronique dans un contexte de rupture de traitement, rires immotivés, contact interpersonnel passable, discours délirant à thématique de persécution et à mécanique imaginatif centré sur les agents de police, production délirante majorée par la consommation de toxiques, humeur sub-exaltée, déni des troubles, imprévisible au passage à l’acte hétéro-agressif lors de l’entretien ; et, pour le second, rupture de traitement et de suivi, calme avec comportement bizarre, regard vide, attitude de réticence, idées persécutives envers la police, adhésion aux idées délirantes à mécanique interprétative, humeur fluctuante, comportement imprévisible, déni des troubles, prolongement nécessaire afin de trouver un traitement adapté. L’avis motivé du 7 octobre 2024 relate l’état suivant du patient : calme, regrette les évènements ayant entraîné son hospitalisation, qui semblent des propos discordants dans un contexte de prise de produits psycho-actifs, ne comprend pas la situation actuelle. Il conclut qu’il est prudent de maintenir une mesure de contrainte afin de permettre une prise de conscience plus éclairée. M. [E] [I] a déclaré à l’audience que l’hospitalisation se passe mal et qu’il veut rentrer chez lui ;qu’il se sent très bien ; et qu’il prend un traitement qui lui est donné par sa mère. Il reconnaît son trouble psychiatrique pour lequel il est suivi depuis 5 ans et avoir consommé du cannabis lors des faits. Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure est régulière et que les troubles psychiatriques de M. [E] [I] persistent et rendent impossible son consentement. Son état mental impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. PAR CES MOTIFS Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny, après débats tenus en audience publique dans la salle d’audience aménagée à l’établissement public de santé de Ville-Evrard, au centre Henri Duchêne situé [Adresse 2], statuant au tribunal par décision susceptible d’appel, Maintient l’hospitalisation complète de Monsieur [E] [I] ; Laisse les dépens à la charge de l’Etat. Dit que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécution provisoire. Fait et jugé à Bobigny, le 11 Octobre 2024 Le Greffier Lucie BEAUROY-EUSTACHE Le Juge Thomas SCHNEIDER Ordonnance notifiée au parquet le à le greffier Vu et ne s’oppose : Déclare faire appel :
Articles de loi cités
article L. 3213-1 du code de la santé publiquearticle L. 3213-1 du code de la santé publique prévoitarticle 706-135 du code de procédure pénale
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- J.L.D. HSC
- Date
- 11 octobre 2024
Référence
670966a906866c0645d1a8e0
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA