Tribunal JudiciaireJLD
Tribunal Judiciaire · JLD — 12 juillet 2024
- ECLI
- 669640c6f5112d8edd056bbb
- Date
- 12 juillet 2024
- Condamnation
- 40 000 €
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
COUR D'APPEL DE RENNES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE RENNES CABINET DE Marc DE CATHELINEAU Vice-Président Juge des Libertés et de la Détention N° RG 24/04891 - N° Portalis DBYC-W-B7I-LCKB Minute n° 24/00246 PROCÉDURE DE RECONDUITE A LA FRONTIÈRE ORDONNANCE Le 12 Juillet 2024, Nous, Marc DE CATHELINEAU, Vice-Président, Juge des Libertés et de la Détention au Tribunal judiciaire de RENNES Assisté de Sandrine MOREAU, Greffier, Etant en audience publique, au Palais de Justice, Vu la requête motivée du représentant de M. Le Préfet du CALVADOS en date du 12 juillet 2024, reçue le 12 juillet 2024 à 08h22 au greffe du Tribunal ; Vu l’ordonnance du Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal judiciaire de Rennes ordonnant la prolongation du maintien en rétention administrative de l’intéressé pour une durée de 28 jours Vu l’ordonnance du Juge des Libertés et de la Détention du Tribunal judiciaire de Rennes ordonnant la prolongation du maintien en rétention administrative de l’intéressé pour une durée de 30 jours Vu les avis donnés à M. [T] [S] [J], à M. Le Préfet du CALVADOS , à M. Le procureur de la République, à Me Marine LE BOURHIS, avocat choisi ou de permanence Vu notre procès verbal de ce jour ; COMPARAIT CE JOUR : Monsieur [T] [S] [J] né le 30 Septembre 1997 à [Localité 1] (ANGOLA) de nationalité Angolaise Assisté de Me Marine LE BOURHIS, avocat commis d’office, qui a pu consulter la procédure, ainsi que l’intéressé. En l’absence du représentant de M. Le Préfet du CALVADOS, dûment convoqué, Mentionnons que M. Le Préfet du CALVADOS, le Procureur de la République dudit tribunal, l’intéressé et son conseil ont été avisés, dès réception de la requête, de la date et l’heure de la présente audience par le greffier. Mentionnons que les pièces de la procédure ont été mises à la disposition de l’intéressé et du conseil. Vu les articles L 741-1 et suivants et L742-5 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile ; Après avoir entendu : Le représentant de M. Le Préfet du CALVADOS en sa demande de prolongation de la rétention administrative, Me Marine LE BOURHIS en ses observations. M. [T] [S] [J] en ses explications. MOTIFS DE LA DECISION Le Juge des libertés et de la détention de Rennes a, par ordonnance en date du 16 mai 2024 autorisé la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 28 jours jusqu’au 13 juin 2024. Le Juge des libertés et de la détention de Rennes a, par ordonnance en date du 13 juin 2024 autorisé la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 30 jours jusqu’au 13 juillet 2024. - Sur le moyen tiré de l’absence de l’une des conditions légales pour une troisième prolongation de la rétention administrative Attendu que le conseil de M. [S] [J] fait valoir que la procédure serait irrégulière faute pour la préfecture d’établir que l’un des critères de prolongation de rétention prévus à l’article L.742-5 du CESEDA serait satisfait ; Attendu qu’aux termes de l’article L.742-5 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), régissant les troisièmes prolongations de rétention administrative : “A titre exceptionnel, le juge des libertés et de la détention peut à nouveau être saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de la durée maximale de rétention prévue à l'article L. 742-4, lorsqu'une des situations suivantes apparait dans les quinze derniers jours : 1° L'étranger a fait obstruction à l'exécution d'office de la décision d'éloignement ; 2° L'étranger a présenté, dans le seul but de faire échec à la décision d'éloignement : a) une demande de protection contre l'éloignement au titre du 5° de l'article L. 631-3 ; b) ou une demande d'asile dans les conditions prévues aux articles L. 754-1 et L. 754-3 ; 3° La décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé et qu'il est établi par l'autorité administrative compétente que cette délivrance doit intervenir à bref délai. Le juge peut également être saisi en cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public. L'étranger est maintenu en rétention jusqu'à ce que le juge ait statué. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la dernière période de rétention pour une nouvelle période d'une durée maximale de quinze jours. Si l'une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° ou au septième alinéa du présent article survient au cours de la prolongation exceptionnelle ordonnée en application de l'avant-dernier alinéa, elle peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours” ; Attendu que le juge des libertés et de la détention peut, à titre exceptionnel et dans les seules hypothèses précitées, ordonner une nouvelle prolongation de la rétention pour un délai maximal de 15 jours, renouvelable une fois ; Attendu qu’en l’espèce M. [S] [J] est en rétention administrative depuis le 14 mai 2024 et a déjà fait l’objet d’une première prolongation de cette rétention pour une durée de 28 jours par décision du juge des libertés et de la détention en date du 16 mai 2024 et d’une deuxième prolongation de la rétention pour un délai de 30 jours par décision en date du 13 juin 2024 ; Attendu que, conformément aux dispositions de l’article L.742-5 du CESEDA, une troisième prolongation de la rétention administrative ne peut être sollicitée par la préfecture et ordonnée par le juge des libertés et de la détention qu’à titre exceptionnel et uniquement dans les cas limitativement énumérés par cet article ; Attendu que les deux premiers cas prévus par ce texte ne sont aucunement remplis en l’espèce puisqu’il n’apparaît pas que M. [S] [J] ait, dans les quinze derniers jours, fait obstruction à l’exécution d’office de la mesure d’éloignement ou déposé une demande de protection contre l’éloignement ou une demande d’asile ; que le troisième cas permettant une troisième prolongation de la rétention administrative impose que l’administration, n’ayant pu obtenir la délivrance d’un document de voyage par le consulat, justifie que cette délivrance doit intervenir à bref délai ; qu’il ressort des éléments de la procédure que la préfecture, après avoir relancé les autorités consulaires angolaises à la suite de leur réponse aux termes de laquelle celles-ci n’ont pas reconnu le susnommé comme l’un de leurs ressortissants, est toujours dans l’attente d’un retour des autorités compétentes, saisies d’une demande de reconnaissance et de délivrance d’un laissez-passer et relancées à ces fins ; qu’ainsi, aucune pièce de la procédure ne vient établir, en l’état, une identification et une reconnaissance positives de l’intéressé, dépourvu de documents de voyage ou d’identité en cours de validité, et partant justifier de la délivrance à bref délai des documents de voyage de la part du consulat dont relèverait le susnommé ; que la préfecture ne justifiant dès lors pas d’une obtention rapide des documents de voyage, il s’ensuit que cette condition légale posée pour une troisième prolongation n’est pas remplie en l’état ; Attendu enfin que la préfecture ne se prévaut pas dans sa requête de la disposition selon laquelle “le juge peut également être saisi en cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public”, de sorte qu’il ne saurait être considéré que ce critère, à le supposer caractérisé, puisse en l’occurrence servir de fondement à une éventuelle troisième prolongation de rétention ; Qu’il n’y a donc pas lieu de faire droit à la requête de la préfecture ; Sur la demande d’indemnité Attendu par ailleurs qu’il est équitable d’allouer au conseil de l’intéressé la somme de 400 euros par application des dispositions de l’article 37 de la Loi du 10 juillet 1991 et de condamner M. Le Préfet du CALVADOS es-qualité de représentant de l’Etat à lui verser cette somme. PAR CES MOTIFS Disons n’y avoir lieu à prolongation de la rétention administrative de l’intéressé . Disons que le Procureur de la République a la possibilité dans un délai de 10 heures à partir de la notification de la présente ordonnance de s’y opposer et d’en suspendre les effets. Condamnons M. Le Préfet du CALVADOS, es-qualité de représentant de l’Etat, à payer à Me Marine LE BOURHIS, conseil de l’intéressé qui renonce au bénéfice de l’aide juridictionnelle, la somme de 400 euros sur le fondement des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Notifions que la présente décision est susceptible d'être contestée par la voie de l'appel interjeté dans les 24 heures du prononcé de la présente ordonnance, devant le Premier Président de la Cour d'Appel de RENNES (courriel : [Courriel 2] ). Rappelons à l’intéressé son obligation de quitter le territoire national. Décision rendue en audience publique le 12 Juillet 2024 à 16h37 LE GREFFIER LE JUGE DES LIBERTÉS ET DE LA DÉTENTION Copie transmise par courriel à la préfecture Le 12 Juillet 2024 Le greffier Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à Me Marine LE BOURHIS le 12 Juillet 2024 le greffier Copie transmise par télécopie pour notification à M. [T] [S] [J], par l’intermédiaire du Directeur du CRA le 12 Juillet 2024 Le Greffier Notification de la présente ordonnance au procureur de la République le 12 Juillet 2024 à Heures Le greffier, Décision du Procureur de la République à Heures Le Procureur de la République
Articles de loi cités
article L.742-5 du CESEDAarticle L.742-5 du CESEDA serait satisfaitarticle L.742-5 du Code de l
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- JLD
- Date
- 12 juillet 2024
Référence
669640c6f5112d8edd056bbb
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA