Cour d'AppelRETENTIONS
Cour d'Appel · RETENTIONS — 9 juillet 2024
- ECLI
- 668f76cd9b65e642c5878566
- Date
- 9 juillet 2024
Droit des personnesDroits attachés à la personneDemande de mainlevée de la rétention formée devant le juge des libertés et de la détention par l'étranger
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Texte intégral
N° RG 24/05591 - N° Portalis DBVX-V-B7I-PY3B Nom du ressortissant : [H] [K] [K] C/ PREFETE DU [Localité 4] COUR D'APPEL DE LYON JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE DU 09 JUILLET 2024 statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers Nous, Raphaël VINCENT, conseiller à la cour d'appel de Lyon, déléguée par ordonnance de madame la première présidente de ladite Cour en date du 5 Juillet 2024 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11 et L. 743-21 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile, Assistée de Ynes LAATER, greffière, En l'absence du ministère public, En audience publique du 09 Juillet 2024 dans la procédure suivie entre : APPELANT : M. [H] [K] né le 04 Février 1999 à [Localité 3] (ALGERIE) de nationalité Algérienne Actuellement retenu au centre de rétention administrative de [2] comparant assisté de Maître Etienne maxime CEZARIAT, avocat au barreau de LYON, commis d'office Madame [U] [O], interprète en langue Arabe, inscrite sur liste CESEDA ET INTIMEE : M. Mme PREFETE DU [Localité 4] [Adresse 1] [Adresse 1] non comparant, régulièrement avisé, représenté par Maître AUGOYARD Marc, avocat au barreau de LYON substituant Me Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, Avons mis l'affaire en délibéré au 09 Juillet 2024 15h00 et à cette date et heure prononcé l'ordonnance dont la teneur suit: Une obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour pendant 12 mois a été notifiée le 4 décembre 2023 à [H] [K]. Le 5 décembre 2023 [H] [K] a été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à 12 mois d'emprisonnement avec maintien en détention. Le 4 juillet 2024, jour de sa levée d'écrou, la préfète du [Localité 4] a ordonné pour l'exécution de la mesure d'éloignement le placement de [H] [K] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du même jour. Suivant requête du 5 juillet 2024 [C] [E] a contesté la décision de placement en rétention administrative. Suivant requête du même jour reçue à 14h32, la préfète du [Localité 4] a saisi le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-huit jours. Le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon, dans son ordonnance du 6 juillet 2024 à 15h00 a : - ordonné la jonction des deux procédures, - déclaré recevable la requête de [H] [K], - Déclaré régulière la décision prononcée à l'encontre de [H] [K] et ordonné en conséquence son maintien en rétention, - déclaré recevable la requête en prolongation de la rétention administrative, - déclaré régulière la procédure diligentée à l'encontre de [H] [K] , - ordonné la prolongation de la rétention de [H] [K] pour une durée de vingt-huit jours. [H] [K] a interjeté appel de cette ordonnance par déclaration au greffe le 8 juillet 2024 à 10h35 en faisant valoir que cette décision était insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur ses garanties de représentation et la menace qu'il représente pour l'ordre public. [H] [K] a demandé l'infirmation de l'ordonnance déférée et sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 9 juillet 2024 à 10h30. [H] [K] a comparu assisté de son avocat et d'un interprète. Le conseil de [H] [K] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. La préfète du [Localité 4], représentée par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée. [H] [K] a eu la parole en dernier. MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel : Attendu que l'appel de [H] [K] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable. Sur les moyens pris de l'insuffisance de motivation de la décision de placement en rétention administrative Attendu qu'il résulte de l'article L.741-6 du CESEDA que la décision de placement en rétention doit être écrite et motivée ; Que cette motivation se doit de retracer les motifs positifs de fait et de droit qui ont guidé l'administration pour prendre sa décision, ce qui signifie que l'autorité administrative n'a pas à énoncer, puis à expliquer pourquoi elle a écarté les éléments favorables à une autre solution que la privation de liberté ; Que pour autant, l'arrêté doit expliciter la raison ou les raisons pour lesquelles la personne a été placée en rétention au regard d'éléments factuels pertinents liés à la situation individuelle et personnelle de l'intéressé, et ce au jour où l'autorité administrative prend sa décision, sans avoir à relater avec exhaustivité l'intégralité des allégations de la personne concernée; Attendu qu'en l'espèce l'autorité préfectorale dans sa décision de placement en rétention retrace avec précision les éléments déterminants tant sur les aspects administratifs que sur sa situation personnelle, invoqué devant la police ; Qu'ainsi la décision énonce notamment que : - L'intéressé est dépourvu de document d'identité et de voyage et que son identité invoquée diffère de celle connue des autorités suisses ; - Il ne connaît pas l'adresse de sa mère où il prétend résider ; -Il ne justifie d'aucune ressource ; - Il a été condamné à une peine d'un an d'emprisonnement comme précédemment rappelé ; Que ces éléments attestent d'un examen pertinent de la situation ; Attendu que la mention par l'administration sur le défaut de départ volontaire depuis le 4 décembre 2023 n'est effectivement pas pertinente, le requérant étant dans l'intervalle détenu ou retenu ; que cette simple erreur n'invalide pas à elle seule la pertinence de la motivation ; Attendu que le requérant invoque des éléments sur sa situation personnelle, comme l'adresse effective de sa mère l'invalidité de cette dernière, qu'il n'avait pas livré à l'administration en temps utiles ; qu'il ne peut donc s'en prévaloir pour contester la pertinence de la motivation ; qu'au surplus ces éléments ne s'analysent nullement en la justification d'une adresse effective et permanente ; Attendu que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut donc être accueilli ; Sur le moyen pris de l'erreur d'appréciation : Attendu que l'article L..741-1 du CESEDA dispose que «L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente » ; Attendu que cet article L. 612-3 prévoit expressément que le risque de fuite est «regardé comme établi» dans les cas suivants : «1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.» ; Attendu qu'en l'espèce le requérant, entré illégalement sur le territoire français, n'a entrepris aucune démarche pour régulariser sa situation ; qu'il n'a aucun document d'identité ou de voyage ; que son état civil lui-même demeure incertain dans la mesure où il utilise plusieurs identités ; qu'il a clairement manifesté au cours de son audition par la police sa volonté de ne pas se soumettre à une mesure d'éloignement ; Que ces éléments utilement rappelés par l'administration établissent un risque manifeste de fuite justifiant un placement en rétention ; Attendu qu'au surplus, au vu du quantum très élevé de la condamnation du 5 décembre 2023 pour une atteinte aux bien aggravée l'invocation d'une menace à l'ordre public par l'administration ne s'analyse nullement en une erreur manifeste d'appréciation ; Attendu en conséquence que le moyen pris de l'erreur d'appréciation ne peut donc être accueilli ; PAR CES MOTIFS Déclarons recevable l'appel formé par [H] [K], Confirmons en toutes ses dispositions l'ordonnance déférée. Le greffier, Le conseiller délégué, Ynes LAATER Raphaël VINCENT
Articles de loi cités
article L.741-6 du CESEDA que la décision de place
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- RETENTIONS
- Date
- 9 juillet 2024
- Matière
- Droit des personnes
Référence
668f76cd9b65e642c5878566
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel