Cour d'AppelChambre sociale
Cour d'Appel · Chambre sociale — 3 juillet 2024
- ECLI
- 66863d10b1dbbe3bae6003be
- Date
- 3 juillet 2024
- Condamnation
- 500 000 €
Relations du travail et protection socialeRelations individuelles de travailContestation du motif non économique de la rupture du contrat de travail
Source : DILA / Judilibre · open data
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Texte intégral
Ordonnance n° ;428 du 03/07/2024 N° RG 24/00375 - N° Portalis DBVQ-V-B7I-FOVC MLB/ACH COUR D'APPEL DE REIMS Chambre sociale ORDONNANCE D'INCIDENT Formule exécutoire le : 03 JUILLET 2024 à : assistée de Me Emeric LACOURT de la SCP DUPUIS LACOURT MIGNE, avocat au barreau D'ARDENNES assistée de Me Marie LARDAUX de la SCP MEDEAU-LARDAUX, avocat au barreau D'ARDENNES Le trois juillet deux mille vingt quatre, Nous, Madame Marie-Laure BERTHELOT, conseillère, magistrate en charge de la mise en état, assistée de Madame Allison CORNU-HARROIS, greffière, Après les débats du 19 juin 2024, avons rendu l'ordonnance suivante, dans la procédure inscrite sous le numéro N° RG 24/00375 - N° Portalis DBVQ-V-B7I-FOVC du répertoire général, opposant : S.A.S. ARTHUR FRANCE COUSSIN [Adresse 3] [Localité 1] Représentée par la SCP DUPUIS LACOURT MIGNE, avocat au barreau des ARDENNES APPELANTE à Madame [M] [R] [Adresse 2] [Localité 4] Représentée pa la SCP MEDEAU-LARDAUX, avocat au barreau des ARDENNES INTIMEE * * * * * Dans une instance opposant Madame [M] [R] à la SAS Arthur France Coussin, le conseil de prud'hommes de Charleville-Mézières a rendu un jugement le 6 février 2024. Le 7 mars 2024, la SAS Arthur France Coussin a formé une déclaration d'appel. Dans des écritures en date du 4 juin 2024 aux termes desquelles elle a saisi le conseiller de la mise en état d'un incident, elle lui demande de : - prononcer le sursis à statuer dans l'attente de l'issue de la procédure initiée par la plainte avec constitution de partie civile qu'elle a déposée à l'encontre de Madame [M] [R], - réserver les dépens. Dans ses écritures en date du 17 juin 2024, Madame [M] [R] demande à la cour de rejeter la demande de sursis à statuer et de renvoyer les parties à plaider au fond. MOTIFS Aux termes de l'article 4 du code de procédure pénale " La mise en mouvement de l'action publique n'impose pas la suspension du jugement des autres actions exercées devant la juridiction civile, de quelque nature qu'elles soient, même si la décision à intervenir au pénal est susceptible d'exercer, directement ou indirectement, une influence sur la solution du procès civil". La SAS Arthur France Coussin a licencié Madame [M] [R] pour faute grave le 29 juin 2021 lui reprochant d'avoir "commandé des produits sur le compte de la société qui étaient destinés à son seul usage personnel, commettant ainsi un abus de biens sociaux" à son préjudice au début de l'année 2021. Le 2 mars 2022, Madame [M] [R] a saisi le conseil de prud'hommes d'une contestation du bien-fondé de son licenciement. Le président de la SAS Arthur France Coussin a déposé plainte pour abus de biens sociaux à l'encontre de Madame [M] [R] le 12 avril 2022. L'affaire a été classée sans suite le 27 avril 2022. Le 6 février 2024, le conseil de prud'hommes de Reims a notamment procédé à la requalification du licenciement pour faute grave de Madame [M] [R] en un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Le 3 juin 2024, la SAS Arthur France Coussin a déposé plainte avec constitution de partie civile à l'encontre de Madame [M] [R] pour des faits d'abus de confiance du 12 janvier au 7 avril 2021 auprès du juge d'instruction de Charleville-Mézières qui a fixé le 6 juin 2024 le montant de la consignation à la somme de 5000 euros que la SAS Arthur France Coussin établit avoir versée le 13 juin 2024. Il ressort de ces éléments que la SAS Arthur France Coussin a attendu plus de deux ans avant de déposer plainte avec constitution de partie civile à l'encontre de Madame [M] [R] du chef d'abus de confiance après que sa plainte ait été classée sans suite par le parquet au mois d'avril 2022. C'est d'ailleurs en l'état d'une procédure classée sans suite qu'elle a plaidé le dossier devant le conseil de prud'hommes le 5 décembre 2023 et il n'apparaît pas nécessaire d'attendre à hauteur de cour l'issue d'une plainte avec constitution de partie civile qu'elle a encore attendue près de 4 mois après le jugement de première instance pour déposer. Dans ces conditions, il y a lieu de la débouter de sa demande de sursis à statuer. PAR CES MOTIFS Déboutons la SAS Arthur France Coussin de sa demande de sursis à statuer dans l'attente de l'issue de la plainte avec constitution de partie civile déposée à l'encontre de Madame [M] [R]. Renvoyons l'affaire à la mise en état pour la poursuite de la procédure ; Condamnons la SAS Arthur France Coussin aux dépens de l'incident. La Greffière La Conseillère
Articles de loi cités
article 4 du code de procédure pénale
Avocats intervenants
Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- Chambre sociale
- Date
- 3 juillet 2024
- Matière
- Relations du travail et protection sociale
Référence
66863d10b1dbbe3bae6003be
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel