Tribunal JudiciaireChambre 5/Section 3
Tribunal Judiciaire · Chambre 5/Section 3 — 22 avril 2024
- ECLI
- 6626a52d1329eb3db7c203d1
- Date
- 22 avril 2024
- Condamnation
- 980 270 €
Source : DILA / Judilibre · open data
Mes notes
privées · visibles par vous seulAnalyse IA non disponible
Générez un résumé intelligent de cette décision
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE de BOBIGNY JUGEMENT CONTENTIEUX DU 22 AVRIL 2024 Chambre 5/Section 3 AFFAIRE: N° RG 23/09962 - N° Portalis DB3S-W-B7H-YG2A N° de MINUTE : 24/00386 DEMANDEUR SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE L’IMMEUBLE SIS [Adresse 1] À [Localité 3], représenté par son syndic en exercice le cabinet L’IMMOBILIERE PARIROC, exerçant notamment sous la dénomination commerciale PECORARI, [Adresse 2] [Localité 3] représentée par Me Florian CANDAN, avocat au barreau de PARIS, vestiaire : C1869 C/ DEFENDEUR Madame [E] [D] [Adresse 1] [Localité 3] non représentée COMPOSITION DU TRIBUNAL Madame Aliénor CORON, statuant en qualité de juge unique, conformément aux dispositions de l article 812 du code de procédure civile, assistée aux débats de Madame Khedidja SEGHIR, greffier. DÉBATS Audience publique du 19 Février 2024. JUGEMENT Rendu publiquement, par mise au disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, par Madame Aliénor CORON, assistée de Madame Khedidja SEGHIR, greffier. EXPOSÉ DU LITIGE Madame [E] [D] est propriétaire des lots 3, 5 et 11 au sein d’un ensemble immobilier situé [Adresse 1] à [Localité 3], soumis au statut de la copropriété des immeubles bâtis. Par acte en date du 3 octobre 2023, le syndicat des copropriétaires a fait assigner Madame [E] [D] devant le tribunal judiciaire de Bobigny, sollicitant du tribunal de : -condamner Madame [E] [D] à lui payer la somme de 9.802,71 euros au titre des appels impayés au 29 septembre 2023 4ème trimestre 2023 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 28 février 2020 ; -condamner Madame [E] [D] à lui payer la somme de 54,00 euros au titre des frais de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 ; -condamner Madame [E] [D] à lui payer la somme de 2.500,00 euros à titre de dommages et intérêts -condamner Madame [E] [D] à lui payer la somme de 3.000,00 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens, dont distraction au profit de Maître Florian CANDAN, -rappeler l’exécution provisoire de droit. En application de l’article 455 du code de procédure civile, il sera référé à l'assignation valant conclusions pour un complet exposé des moyens. La clôture est intervenue le 09 janvier 2024 par ordonnance du même jour. L’affaire a été fixée à l’audience du 19 février 2024 et mise en délibéré au 22 avril 2024. Madame [E] [D], régulièrement assignée dans les modalités prévues à l’article 656 du code de procédure civile, n’a pas constitué avocat. MOTIFS DE LA DÉCISION Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Il convient d’écarter les éléments d’actualisation dont il n’est pas démontré qu’ils aient été signifiées à Madame [E] [D]. Sur la demande en paiement des charges de copropriété En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot. Ils sont également tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien, à l’administration des parties communes proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots. L’approbation des comptes du syndic par l'assemblée générale rend certaine, liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relative à chaque quote-part de charges. Le copropriétaire qui n’a pas, dans les délais prévus à l'article 42 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1965, contesté la décision de l’assemblée générale ayant approuvé les comptes, n’est pas fondé à refuser de payer les sommes qui lui sont réclamées. L’obligation à la dette existe dès lors que l’assemblée générale des copropriétaires a approuvé les comptes présentés par le syndic, et qu’aucun recours n’a été formé dans le délai légal mentionné à l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965. Le syndicat des copropriétaires justifie de sa demande en produisant : -la matrice cadastrale -le jugement de divorce -l’acte contenant la liquidation de la communauté -les procès-verbaux des assemblées générales d’approbation des comptes en date des 25 juillet 2019, 10 novembre 2020, 25 mai 2021, 25 mars 2022 -un décompte des impayés arrêté au 29 septembre 2023 -des appels de provisions et régularisations de charges. Il y a lieu d’exclure du décompte les frais de contentieux et de recouvrement qui ne constituent pas des charges de copropriété au sens de l’article 10-1a de la loi du 10 juillet 1965 et s’élèvent en l’espèce à 54 euros, ces frais faisant l’objet d’une condamnation distincte. En conséquence et au regard des pièces produites, il convient de condamner à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 9.802,71 euros au titre des appels de charges et fonds de travaux échus au 29 septembre 2023. La condamnation sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 février 2020 sur la somme de 1 451,65 euros et à compter de l’assignation sur le surplus. Sur les frais de l’article 10-1 a) de la loi du 10 juillet 1965 En application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, les frais nécessaires exposés par le syndicat, à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire, sont imputables au seul copropriétaire concerné. Il appartient à la juridiction saisie de rechercher si les frais sollicités par le syndicat étaient nécessaires au recouvrement de la créance de celui-ci avant de les mettre à la charge du copropriétaire poursuivi. Le recouvrement des charges impayées relève de la gestion courante du syndic et non de prestations hors rémunération annuelle, sauf à établir le caractère exceptionnel des diligences effectuées. Le syndicat des copropriétaires sollicite le remboursement de la somme de 54 euros correspondant à des frais de lettres de mise en demeure et de relance. Conformément à l’article 10-1 a de la loi du 10 juillet 1965, seuls peuvent être imputés au seul copropriétaire les frais exposés par le syndicat qui répondent au critère de nécessité. Le syndicat des copropriétaires justifié de l’envoi d’une seule mise en demeure et produit le contrat de syndic prévoyant une tarification maximale de 30 euros TTC s’agissant des mises en demeure. Seule la somme de 30 euros sera par conséquent retenue. Ainsi, Madame [E] [D] est redevable de la somme de 30 euros au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965. Sur la demande en dommages et intérêts pour résistance abusive En application de l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant du retard dans l’exécution de l’obligation, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance. Faute d’apporter la preuve de la mauvaise foi de Madame [E] [D], le syndicat des copropriétaires sera débouté de sa demande de dommages et intérêts. Sur les mesures de fin de jugement En application de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. Madame [E] [D], partie perdante, supportera la charge des dépens de la présente instance. Il sera fait application de l’article 699 du code de procédure civile au profit de Maître Florian CANDAN. Il serait inéquitable de laisser à la charge du demandeur les frais exposés par lui dans le cadre de la présente instance et non compris dans les dépens. Faisant application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, il convient d’allouer au syndicat des copropriétaires une somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens qu’il a dû exposer pour faire valoir ses droits et assurer sa défense. PAR CES MOTIFS, Le tribunal, par décision réputée contradictoire et en premier ressort, rendue par mise à disposition au greffe, -Condamne Madame [E] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 1] à [Localité 3] les sommes de : -9 802,71 euros au titre des appels de charges et fonds de travaux échus au 29 septembre 2023, avec intérêts au taux légal à compter du 28 février 2020 sur la somme de 1 451,65 euros et à compter du 3 octobre 2023 sur le surplus, -30 euros au titre de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 modifiée par l’ordonnance n°2019-1101 du 30 octobre 2019, -Déboute le syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 1] à [Localité 3] de sa demande en paiement de dommages et intérêts pour résistance abusive, -Condamne Madame [E] [D] aux dépens de l’instance, dont distraction au profit de Maître Florian CANDAN, -Condamne Madame [E] [D] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier situé [Adresse 1] à [Localité 3] la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile, -Rappelle que la présente décision est de droit assortie de l’exécution provisoire. La minute de la présente décision a été signée par Madame CORON, Juge, assistée de Madame Khedidja SEGHIR, Greffier présente lors de son prononcé. LE GREFFIERLE JUGE MADAME SEGHIRMADAME CORON
Articles de loi cités
article 699 du code de procédure civile au profitarticle 455 du code de procédure civilearticle 472 du code de procédure civilearticle 812 du code de procédure civilearticle 700 du code de procédure civilearticle 656 du code de procédure civilearticle 696 du code de procédure civilearticle 1231-6 du code civil
Avocats intervenants
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Tribunal Judiciaire
- Chambre
- Chambre 5/Section 3
- Date
- 22 avril 2024
Référence
6626a52d1329eb3db7c203d1
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel
- Analyse IA