Cour de Cassation · soc — 31 mars 2003
- ECLI
- 61372417cd58014677412260
- Date
- 31 mars 2003
Mes notes
privées · visibles par vous seulRésumé structuré
version préliminaireFaits
Non déterminable à partir du texte fourni.
Procédure
Non déterminable à partir du texte fourni.
Question juridique
Sur le moyen unique, pris en ses première, troisième, quatrième et cinquième branches : Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir ainsi statué alors, selon le moyen : 1 / que dès lors qu'il a déclaré une partie irrecevable en sa demande en raison de la prescription de son action, le juge ne peut, sans excéder ses pouvoirs, examiner le fond du litige en statuant sur les moyens des parties ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a tout à la fois confirmé le jugement de première instance déclarant prescrite l'action de la Caisse en recouvrement des prestations indûment payées entre les mains de la clinique et considéré que son action n'était pas fondée en l'absence de démonstration d'une faute commise par la clinique ; qu'en statuant sur le fond du litige tout en disant l'action de la Caisse irrecevable, la cour d'appel a excédé ses pouvoirs et violé l'article 122 du nouveau Code de procédure civile ; 2 / qu'il résulte de l'article 3 de l'arrêté du 28 mars 1995 que pour être pris en charge par les organismes d'assurance maladie, les implants doivent comporter une étiquette détachable autocollante à apposer sur le volet de facturation adressé aux organismes et comportant diverses mentions telles que le nom et l'origine exacte du produit et le numéro de code TIPS complet ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté que la Caisse reprochait à la clinique de ne pas avoir respecté les dispositions du Titre III du TIPS prévues par l'arrêté du 28 mars 1995 en omettant d'apposer sur les volets de facturation une étiquette détachable autocollante comportant des mentions telles que l'origine exacte de l'implant ou le numéro de code TIPS complet ; qu'en considérant, pour exclure toute faute de la clinique, que la Caisse ne démontrait pas l'obligation pour celle-ci d'accomplir le fait omis, la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses constatations et a violé les dispositions précitées ; 3 / que les dispositions du TIPS ayant un caractère impératif, le praticien ou l'établissement hospitalier qui ne les respecte pas commet une faute de nature à engager sa responsabilité civile envers l'organisme à qui incombe la prise en charge de ces soins, peu important le comportement de ce praticien ou de cet établissement ; qu'en l'espèce, il n'est pas contesté que la clinique n'a pas respecté les dispositions du Titre III du TIPS en omettant d'apposer sur le volet de facturation des implants une étiquette détachable autocollante mentionnant notamment l'origine du produit et le numéro de code TIPS complet et en apposant des étiquettes l'le mentionnant pas l'origine des implants ; qu'en énonçant que le seul non respect des dispositions du TIPS n'était pas constitutif en soi d'un fait fautif au sens de l'article 1382 du Code civil dès lors qu'il n'était pas démontré que la clinique n'avait pas agi "en bon professionnel de sa catégorie", la cour d'appel a violé l'article 1382 du Code civil et les dispositions du Titre III du TIPS ; 4 / que nul n'étant censé ignorer la loi, l'absence de respect des dispositions impératives du Titre III du TIPS modifiées par les arrêtés du 28 mars 1995 et du 26 janvier 1996 respectivement publiés au JO du 6 avril 1995 et du 7 février 1996, constituent des fautes de nature à engager la responsabilité civile du contrevenant, peu important que celui-ci ait méconnu les textes applicables ; qu'en l'espèce il n'est pas contesté que la clinique n'a pas respecté les dispositions impératives du Titre III du TIPS ; qu'en énonçant cependant, pour exclure toute responsabilité de la part de la clinique, que les dispositions du TIPS avaient été modifiées le 28 mars 1995 de sorte que les erreurs de la clinique s'expliquaient pas une méconnaissance du texte, la cour d'appel a violé ensemble l'article 1382 du Code civil, les arrêtés du 28 mars 1995, du 26 janvier 1996 et l'adage "nul n'est censé ignorer la loi" ; Mais sur le même moyen, pris en sa deuxième branche :
Texte intégral
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE SOCIALE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu que la Caisse primaire d'assurance maladie a réclamé par lettre du 19 juin 1998 à la clinique des Fauvettes le remboursement du matériel de prothèse de hanches utilisé au cours de la période du 13 février 1995 au 4 janvier 1996 au motif que la facturation ne comportait pas d'étiquettes ou des étiquettes non conformes à la réglementation ; que la cour d'appel a déclaré l'action de la Caisse prescrite en application de l'article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale ; Sur le moyen unique, pris en ses première, troisième, quatrième et cinquième branches : Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir ainsi statué alors, selon le moyen : 1 / que dès lors qu'il a déclaré une partie irrecevable en sa demande en raison de la prescription de son action, le juge ne peut, sans excéder ses pouvoirs, examiner le fond du litige en statuant sur les moyens des parties ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a tout à la fois confirmé le jugement de première instance déclarant prescrite l'action de la Caisse en recouvrement des prestations indûment payées entre les mains de la clinique et considéré que son action n'était pas fondée en l'absence de démonstration d'une faute commise par la clinique ; qu'en statuant sur le fond du litige tout en disant l'action de la Caisse irrecevable, la cour d'appel a excédé ses pouvoirs et violé l'article 122 du nouveau Code de procédure civile ; 2 / qu'il résulte de l'article 3 de l'arrêté du 28 mars 1995 que pour être pris en charge par les organismes d'assurance maladie, les implants doivent comporter une étiquette détachable autocollante à apposer sur le volet de facturation adressé aux organismes et comportant diverses mentions telles que le nom et l'origine exacte du produit et le numéro de code TIPS complet ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a constaté que la Caisse reprochait à la clinique de ne pas avoir respecté les dispositions du Titre III du TIPS prévues par l'arrêté du 28 mars 1995 en omettant d'apposer sur les volets de facturation une étiquette détachable autocollante comportant des mentions telles que l'origine exacte de l'implant ou le numéro de code TIPS complet ; qu'en considérant, pour exclure toute faute de la clinique, que la Caisse ne démontrait pas l'obligation pour celle-ci d'accomplir le fait omis, la cour d'appel n'a pas tiré les conséquences légales de ses constatations et a violé les dispositions précitées ; 3 / que les dispositions du TIPS ayant un caractère impératif, le praticien ou l'établissement hospitalier qui ne les respecte pas commet une faute de nature à engager sa responsabilité civile envers l'organisme à qui incombe la prise en charge de ces soins, peu important le comportement de ce praticien ou de cet établissement ; qu'en l'espèce, il n'est pas contesté que la clinique n'a pas respecté les dispositions du Titre III du TIPS en omettant d'apposer sur le volet de facturation des implants une étiquette détachable autocollante mentionnant notamment l'origine du produit et le numéro de code TIPS complet et en apposant des étiquettes l'le mentionnant pas l'origine des implants ; qu'en énonçant que le seul non respect des dispositions du TIPS n'était pas constitutif en soi d'un fait fautif au sens de l'article 1382 du Code civil dès lors qu'il n'était pas démontré que la clinique n'avait pas agi "en bon professionnel de sa catégorie", la cour d'appel a violé l'article 1382 du Code civil et les dispositions du Titre III du TIPS ; 4 / que nul n'étant censé ignorer la loi, l'absence de respect des dispositions impératives du Titre III du TIPS modifiées par les arrêtés du 28 mars 1995 et du 26 janvier 1996 respectivement publiés au JO du 6 avril 1995 et du 7 février 1996, constituent des fautes de nature à engager la responsabilité civile du contrevenant, peu important que celui-ci ait méconnu les textes applicables ; qu'en l'espèce il n'est pas contesté que la clinique n'a pas respecté les dispositions impératives du Titre III du TIPS ; qu'en énonçant cependant, pour exclure toute responsabilité de la part de la clinique, que les dispositions du TIPS avaient été modifiées le 28 mars 1995 de sorte que les erreurs de la clinique s'expliquaient pas une méconnaissance du texte, la cour d'appel a violé ensemble l'article 1382 du Code civil, les arrêtés du 28 mars 1995, du 26 janvier 1996 et l'adage "nul n'est censé ignorer la loi" ; Mais attendu que c'est sans excéder ses pouvoirs qu'après avoir analysé le fondement de l'action de la Caisse, la cour d'appel a déclaré cette action irrecevable ; Et attendu que dans son dispositif l'arrêt ne comporte aucun chef relatif à la responsabilité imputée par la Caisse à la clinique ; D'où il suit que mal fondé en sa première branche, le moyen est irrecevable en ses troisième, quatrième et cinquième branches qui critiquent seulement les motifs de cet arrêt ; Mais sur le même moyen, pris en sa deuxième branche : Vu l'article 1382 du Code civil , ensemble l'article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale ; Attendu que le délai de prescription fixé par le dernier de ces textes ne s'applique qu' à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées ; Attendu que pour déclarer l'action de la Caisse prescrite, l'arrêt attaqué énonce que la Caisse n'a demandé le paiement des prestations que le 19 juin 1998 soit plus de deux ans après la dernière prestation remboursée en janvier 1996 et alors même que cette demande par lettre recommandée n'interrompt pas elle-même la prescription ; Qu'en statuant ainsi, alors que l'action de la Caisse tendait à la réparation du préjudice qu'elle avait subi en relation avec les fautes de la clinique, la cour d'appel a violé les textes susvisés ; PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur la sixième branche du moyen : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 30 octobre 2001, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris ; Condamne la clinique des Fauvettes et la DRASSIF aux dépens ; Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette les demandes de la CPAM des Hauts-de-Seine et de la clinique des Fauvettes ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du trente et un mars deux mille trois.
Citations
Aucune citation répertoriée pour cette décision.
Décisions connexes
Aucune décision similaire identifiée pour le moment.
Synthèse
- Juridiction
- Cour de Cassation
- Chambre
- soc
- Date
- 31 mars 2003
- Matière
- securite sociale, assurances sociales
Référence
61372417cd58014677412260
Données disponibles
- Texte intégral