Cour d'Appel · Pôle 1 - Chambre 1 — 19 février 2019
- ECLI
- 5fdb9a12a8d53478d367d527
- Date
- 19 février 2019
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IAFaits
Le demandeur, né au Togo en 1971, revendique la nationalité française en tant que fils d'un père ayant obtenu un jugement déclaratif de nationalité française en 2012. Le ministère public a opposé l'article 30-3 du code civil, invoquant une résidence habituelle à l'étranger pendant plus d'un demi-siècle. Le tribunal de grande instance de Paris a déclaré le demandeur irrecevable à faire la preuve de sa nationalité française par filiation.
Procédure
Le demandeur a interjeté appel du jugement du 17 mars 2017. Les conclusions du demandeur demandent l'infirmation du jugement et la reconnaissance de sa nationalité française. Le ministère public a conclu à la confirmation de la décision. L'affaire a été débattue en audience publique le 18 janvier 2019 devant la Cour d'appel de Paris.
Question juridique
La question juridique est de savoir si le demandeur peut établir sa nationalité française par filiation paternelle, malgré une résidence habituelle à l'étranger de son père pendant plus d'un demi-siècle.
Solution
source officielleLa Cour d'appel de Paris a infirmé le jugement et statué à nouveau pour dire que le demandeur est français par filiation paternelle, en se fondant sur la possession d'état de Français de son père.
Texte intégral
Copies exécutoiresRÉPUBLIQUE FRANÇAISE délivrées aux parties le :AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 1 ARRET DU 19 FEVRIER 2019 (n° , 3 pages) Numéro d'inscription au répertoire général : N° RG 17/13252 - N° Portalis 35L7-V-B7B-B3VAG Décision déférée à la Cour : Jugement du 17 Mars 2017 -Tribunal de Grande Instance de PARIS - RG n° 15/18185 APPELANT Monsieur [R] [T] [A] [Q] né le [Date naissance 1] 1971 à [Localité 1] (Togo) [Adresse 1] [Localité 2] (BENIN) représenté par Me Alain TAMEGNON HAZOUME, avocat au barreau de PARIS, toque: D0060 INTIME LE MINISTERE PUBLIC agissant en la personne de MADAME LE PROCUREUR GENERAL - SERVICE CIVIL [Adresse 2] [Adresse 3] représenté à l'audience par Mme SCHLANGER, avocat général COMPOSITION DE LA COUR : En application des dispositions des articles 786 et 905 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 18 janvier 2019, en audience publique, l'avocat de l'appelant et le ministère public ne s'y étant pas opposé, devant Mme Dominique GUIHAL, présidente de chambre, chargée du rapport. Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour, composée de : Mme Dominique GUIHAL, présidente de chambre Mme Anne BEAUVOIS, présidente M. Jean LECAROZ, conseiller Greffier, lors des débats : Mme Mélanie PATE ARRÊT :- CONTRADICTOIRE - par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. - signé par Dominique GUIHAL, présidente de chambre et par Mélanie PATE, greffière présente lors du prononcé. Vu l'appel interjeté le 30 juin 2017 par M. [R] [A] [Q] du jugement du tribunal de grande instance de Paris du 17 mars 2017 (n° 15/18185) qui l'a déclaré irrecevable à faire la preuve qu'il a par filiation la nationalité française; Vu les conclusions notifiées le 6 octobre 2017 par M.[A] [Q] qui demande à la cour d'infirmer le jugement et de dire qu'il est français; Vu les conclusions notifiées par le ministère public le 18 octobre 2017 tendant à la confirmation de la décision entreprise; SUR QUOI : M. [R] [T] [A] [Q], né le [Date naissance 1] 1971 à [Localité 1] (République du Togo) revendique la nationalité française en tant que fils de M. [Z] [V] [A] [Q], né le [Date naissance 2] 1943 à Bè-Lomé (Togo). L'intéressé se déclarant dans son assignation domicilié au Bénin, le ministère public lui a opposé les dispositions de l'article 30-3 du code civil suivant lesquelles : 'Lorsqu'un individu réside ou a résidé habituellement à l'étranger, où les ascendants dont il tient par filiation la nationalité sont demeurés fixés pendant plus d'un demi-siècle, cet individu ne sera pas admis à faire la preuve qu'il a, par filiation, la nationalité française si lui-même et celui de ses père et mère qui a été susceptible de la lui transmettre n'ont pas eu la possession d'état de Français. Le tribunal devra dans ce cas constater la perte de la nationalité française dans les termes de l'article 23-6". M. [Z] Kombé [A] [Q], ayant été déclaré français par jugement du tribunal de grande instance de Paris du 4 octobre 2012 devenu définitif, a la possession d'état de Français de sorte que toutes les conditions énoncées par l'article 30-3 précité du code civil ne sont pas réunies. Il convient donc d'infirmer le jugement qui a dit que M. [R] [A] [Q] n'était pas recevable à faire la preuve qu'il avait par filiation la nationalité française. Le ministère public ne contestant pas que M. [Z] Kombé [A] [Q] soit le père de l'appelant, il y a lieu de dire que ce dernier est français. PAR CES MOTIFS : Infirme le jugement. Statuant à nouveau : Dit que M. [R] [T] [A] [Q], né le [Date naissance 1] 1971 à [Localité 1] (République du Togo) est français par filiation paternelle. Ordonne la mention prévue par l'article 28 du code civil. Laisse les dépens à la charge du Trésor public. LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
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Citations
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Synthèse
- Juridiction
- Cour d'Appel
- Chambre
- Pôle 1 - Chambre 1
- Date
- 19 février 2019
Référence
5fdb9a12a8d53478d367d527
Données disponibles
- Texte intégral
- Résumé officiel