Il était une fois... le bois mort dans les forêts françaises.
Michel Bartoli, Bernard Gény1 janvier 2005
En France, durant des siècles, le bois mort a été une source d'énergie domestique indispensable. Sa récolte en a été à la fois autorisée - en particulier par concession de droits d'usages - et très réglementée. Les restrictions apportées à son appropriation ont fait l'objet de textes allant de l'ordonnance royale de 1515 à un arrêté de 1853 toujours applicable : le bois, formellement délivré par son propriétaire, doit être sec et gisant à terre, cassé à la main, transporté à dos d'homme et ne pas provenir d'un acte ayant fait sécher une tige. Au cours du XIXe siècle, d'innombrables procès, allant jusqu'en cassation, montrent la très grande importance sociale du bois mort particulièrement convoité par les indigents face à une police forestière de plus en plus répressive. Ces procès donnent alors une excellente image de la société qui récoltait tout d'une coupe. De la fin du XVIIe au milieu du XXe siècle, tous les traités de sylviculture ont eu comme souci systématique de faire en sorte que les arbres morts soient enlevés en priorité. Pourchassé si longtemps et jusqu'à un passé très récent, le bois mort est depuis très peu considéré comme un compartiment important de la biodiversité ; son histoire montre qu'il ne faut pas s'étonner d'en trouver encore relativement peu dans nos forêts.